La structure des tapisseries est un triptyque qui fait le lien entre des épisodes de l’Ancien Testament et des épisodes du Nouveau Testament. Les théologiens des premiers siècles de l’Église, appelés Pères de l’Église, à la suite du Christ et des Apôtres, ont lu l’Ancien Testament à la lumière du Nouveau qui réalise ce qui était annoncé dans l’Ancien Testament. Cette lecture de la Bible est une lecture typologique.

Ce que « l’Ancien Testament a promis, le Nouveau Testament l’a fait voir ; ce que celui-là annonçait de façon cachée, celui-ci le proclame ouvertement comme présent. C’est pourquoi l’Ancien Testament est prophétie du Nouveau Testament ; et le meilleur commentaire de l’Ancien Testament est le Nouveau Testament ».1

L’Annonciation

La scène centrale de l’Annonciation est encadrée de deux préfigurations. À droite, la promesse du Rédempteur à Adam et Ève ; à gauche, le miracle de la toison de Gédéon. Le lien entre ces préfigurations et la scène centrale est expliqué dans les quatrains en haut de la tapisserie et annoncé par les prophètes qui apparaissent dans les fenêtres en haut et en bas de la tapisserie tenant des phylactères avec la prophétie. Entre les deux prophètes du haut, nous avons alternativement les armes de l’abbaye ou celles de Jacques de Saint-Nectaire adossées à la crosse abbatiale (comme ici) ou surmontées de la mitre.

Le Seigneur dit au serpent au sujet de la femme : « Elle t’écrasera la tête » (Genèse 3, 15). Ce qui se produisit à l’Annonciation, quand la Vierge Marie, fille d’Ève, devint, dans son humilité, la Mère du Rédempteur.

Le prophète Isaïe tient le phylactère sur lequel est écrit :
«Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils». (Isaïe 7, 14)

Sur la toison de Gédéon, sans aucun bruit, du ciel, la rosée tomba par l’action de Dieu (Juges 6, 36). De même, dans le sein de la Vierge, sans relation avec un homme, du ciel, le Fils de Dieu descendit selon l’antique promesse.

Le roi David tient le phylactère sur lequel est écrit :
« Il descendra comme la pluie sur le regain. » (Psaume 71, 6)
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Première tapisserie : scène du Nouveau Testament : L’Annonciation © La Goélette pour La Casadéenne

Le prophète Ézéchiel tient le phylactère sur lequel est écrit :
« Cette porte est fermée et on ne l’ouvrira pas ». (Ézéchiel 44, 2)

Le prophète Jérémie tient le phylactère sur lequel est écrit :
« Le Seigneur a fait du nouveau sur la terre : la femme entourera l’homme ». (Jérémie 31, 22)

En vidéo

La cité de la tapisserie d’Aubusson a réalisé plusieurs vidéos sur les tapisseries. Voici celle qui a été réalisée pour La Chaise-Dieu. Le commentaire présente quelques inexactitudes mais le visuel est magnifique.

Vidéo de la cité internationale de la tapisserie. Battage # 3

Rectificatifs du commentaire :

  • Ce n’est pas sur David que l’infamie est jetée mais sur ses émissaires.
  • Confusion entre le premier phylactère et le second : la leçon est intégralement dans le premier phylactère, le phylactère plus étroit en dessous est une citation de l’Écriture.
  • Les tapisseries n’ont jamais été destinées à la chapelle du Collège redécouverte à l’occasion des travaux. Elles y sont aujourd’hui exposées sur les quatre murs, ce qui n’était pas possible à l’époque un autel et son retable occupant un mur.
  1. Saint Grégoire le Grand, Homiliæ in Ezechielem, I, VI, 15, PL, 76, 836 B.[]
  2. Les références données sont celles qui figurent sur les tapisseries ; elles correspondent à la Bible utilisée au XVIe siècle : la Vulgate. Ainsi, le psaume 71 de la Vulgate est le psaume 72 de nos Bibles modernes.[]
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