Ses origines et sa famille

La famille de Robert descendait vraisemblablement des premiers vicomtes de Carlat. Son père, Géraud, fut le premier à porter le nom de « Seigneur de Turlande » à une époque où les noms de famille étaient rares 1.

Les possessions de la famille s’étendaient :

  • au nord depuis les campagnes entourant Saint-Flour, Saint-Georges de Brossadol, la région de Reilhac, les contreforts du Gévaudan, la Planèze et la région de ce qui sera Pierrefort ;
  • à l’ouest jusqu’à Saint-Clément, Raulhac, la capelle-Barres, Nigreserre, Therondels ;
  • au sud, depuis la Truyère vers la Viadène , Orlhaguet, Mels, Bennavent.

Turlande est à la frontière entre le Rouergue et l’Auvergne et domine la Truyère. C’est un lieu stratégique fortifié au Xe s. pour surveiller le passage de la Truyère.

Chevet de la chapelle castrale de Turlande © H. Chanal

Entrée de la chapelle castrale de Turlande © H. Chanal

Vue de la Tuyère depuis Turlande

Le père de Robert est donc Géraud, seigneur de Turlande. Il épousa, peut-être en secondes noces, Raingarde probablement de la famille Montclar, en Rouergue dont le frère, Rencon, a été évêque d’Auvergne de 1028 à environ 1053 et joua un rôle important dans la vie de notre saint.

Géraud a eu sept ou neuf fils dont deux religieux : Géraud, Pons, Rigaud, Guillaume, Raymond, Deusdet, prêtre, et Robert. L’identité de deux autres est discutable : Jean de Bénavent et Bernard de Mels qui prend le premier le nom de cette terre en 1060-1062 2.

Naissance et enfance

Robert était donc le cadet d’une famille nombreuse. Il est né vers l’an 1001. Sa mère, enceinte, était en chemin vers un château, celui de Reilhac selon la tradition casadéenne ou à côté de La Chapelle-Laurent, non loin du moulin des Mercœur selon d’autres traditions, quand elle mit au monde son fils dans un bois. Les hagiographes de saint Robert y ont vu un signe de son appel futur à la solitude.

La forteresse de Turlande n’était pas habitable. La famille résidait dans d’autres châteaux comme celui de Brossadol au sud-est de Saint-Flour ou de Reilhac, au nord de Langeac. C’est dans ces lieux qu’il passa son enfance.

Plutôt chétif d’apparence et montrant peu de dispositions pour la vie des chevaliers, Robert est envoyé par ses parents chez les chanoines de Saint-Julien à Brioude. Ces derniers avaient une vie plus militaire que religieuse et la vie commune n’existait plus dans ce chapitre.

Chanoine à Brioude

En 1020, Robert décide de rester à Brioude et d’embrasser la vie des chanoines.

Vers 1026, il est ordonné prêtre, et la confiance de ses confrères lui vaut la charge de trésorier.

Il était remarqué pour ses vertus et son assiduité à l’oraison. Il célébrait souvent la messe et avait une grande facilité à prêcher. Mais il était surtout renommé pour ses œuvres de charité par lesquelles il s’appliquait à être témoin du Christ :

Il le faisait avec tant de soin et d’amour qu’on eut dit que tous les pauvres étaient ses frères charnels, tant il les secourait avec charité et affection, et s’il avait des moyens et des revenus, ce n’était que pour les donner aux pauvres et à ceux qu’il voyait nécessiteux. Il avait une affection toute particulière à secourir les malades et ceux qu’il voyait les plus puants étaient ceux même qu’il recherchait avec plus de soins ; les ulcères les plus pourris et les plus infectés qui causaient de l’horreur à ceux qui les voyaient, lui étaient à lui un nouveau motif pour servir avec plus de ferveur ces carcasses pourries, il n’avait point d’horreur de les manier et toucher de ses propres mains, il nettoyait lui même le pus qui sortait des plaies afin d’apporter quelques soulagements à ces pauvres créatures languissantes. Dieu qui tient pour fait à lui-même ce qu’on fait en faveur des moindres des hommes récompensait souvent par des prodiges admirables l’extrême charité qu’avait ce jeune homme à secourir ses membres qui sont les pauvres, les malades. Souvent, on a vu que ceux qu’il avait touché recouvraient miraculeusement leur santé par cet attouchement et les plaies les plus incurables étaient incontinent guéries dès qu’il y avait porté la main.


Dom Tiollier, Histoire générale de l’abbaye de La Chaise-Dieu, 1652, texte manuscrit aux Archives de Haute-Loire.

Grâce à sa fortune personnelle, il construit un hôpital pour les pauvres et les pèlerins.

Vers une vie plus parfaite

Vitrail de la basilique de Brioude

Première tentative de départ de Brioude

Cependant, sa vie comme chanoine ne le satisfait pas. Il décide donc de se retirer dans un désert, à l’exemple d’Odilon (962-1048), son parent, ancien chanoine de Brioude et dorénavant abbé de Cluny. Pour éviter tout conflit, il tient son projet secret et part nuitamment de Brioude. Mais on découvre son départ. Il est rattrapé et ramené à Brioude. Contrarié, il tombe malade et doit s’aliter. À peine guéri, il entreprend un voyage jusqu’à Rome. Certains disent que c’est pour confier son projet au Pape, d’autres pour exposer ses conflits avec le chapitre de Brioude, d’autres encore pour se confier aux saints Apôtres afin qu’ils intercèdent pour lui et lui montrent ce que le Seigneur attend de lui.

Ses premiers compagnons

De retour à Brioude, un de ses amis et familiers, Étienne de Chaliers, ancien chevalier de son père, vient le rejoindre et l’assister dans ses bonnes œuvres avant de lui confier son désir de se retirer plus complètement du monde. Robert lui propose de venir avec lui et lui confie la mission de trouver un lieu où s’établir. C’est en allant se confier à Notre-Dame du Puy qu’Étienne découvre le plateau qui deviendra le lieu où ils s’établiront.

Allant au Puy, Dieu qui conduisait ses pas, le mena dans le lieu le plus avantageux pour son dessein qu’il eut désiré mais aussi le plus rude qu’on eut pu rencontrer, c’était une solitude où il y avait une vieille église déserte, dédiée aux saints martyrs Vital et Agricole, patrons de ce lieu. Il considéra quelque temps ce désert que Dieu lui offrait pour l’accomplissement de son dessein et lui en ayant rendu grâce et à la très glorieuse Vierge Marie, dans l’église qui lui est consacrée dans la ville du Puy où il s’achemina avec effort, il alla retrouver St Robert pour lui raconter l’heureuse découverte qu’il avait faite d’un lieu tel qu’il souhaitait.

Dom Tiollier, Op. cit.

En chemin, Étienne rencontre un ancien soldat, Dalmas, qu’il convertit à leur projet.

Arrivée à La Chaise-Dieu

Une fois le terrain obtenu, Robert et ses compagnons arrivent en ce lieu inhospitalier à 1 080 m d’altitude, le jour de la fête des Saints Innocents le 28 décembre 1043, pour commencer leur vie de solitude avec Dieu. Ils s’installent à côté d’une chapelle dédiée aux saints Vital et Agricol.

Robert encourage ses compagnons, les fait défricher les terres, les enseigne, les exhorte à la charité. Accompagné par ces deux anciens soldats, saint Robert s’inscrit dans le mouvement réformateur de son temps avec l’idéal de pauvreté des premières communautés chrétiennes, laïcs qui ayant « un seul cœur et une seule âme mettaient tout en commun » 3. Il ne s’agissait pas encore de vivre en moine.

Estampe du XVIIe siècle. Collection privée © Ph. Hugot, Château de Mons 63 220 Arlanc

Saint Robert qui était comme le chef et le capitaine des autres, les encourageait de ses paroles et beaucoup par ses actions, les assurant qu’il fallait nécessairement tenir bon au commencement afin de rendre leurs ennemis confus, qu’ils avaient assez de courage et de résolutions pour supporter les premiers assauts de leurs adversaires, qu’il les surmonteraient aisément peu après. Robert commanda à ses deux compagnons de défricher ce lieu stérile où ils étaient afin de le pouvoir semer et d’en pouvoir tirer quelque chose pour leur nourriture. Ils avaient fait une petite cellule proche de l’église de branches d’arbres et de racines le mieux qu’ils avaient pu, pour se mettre à couvert des injures du temps, mais pendant que ces deux Saints ermites travaillaient ainsi avec beaucoup de zèle et de ferveur, St Robert vaquait à. la contemplation de Dieu.

Or, après que ces deux bons ermites avaient employé quelques heures au travail manuel, le Saint les assemblait dans l’église qu’ils avaient raccommodée le mieux qu’ils avaient vu, afin d’y chanter ensemble les louanges de leur Créateur, et le remercier des grâces et des faveurs, qu’il leur départait à tout moment : les oraisons étant achevées, ils se mettaient à table, et prenaient chacun pour toute viande, un petit morceau de pain, sec avec autant de joie et de contentement que s’ils eussent été au milieu des délices et des mets les plus exquis : c’était là toute leur viande et toute leur pitance, dont ils en retranchaient une partie pour la donner aux pauvres et aux pèlerins qui les venaient visiter émus de leur grande sainteté et ravis de leur vie et de l’extrême rigueur de leur pénitence ; ils avaient coutume de donner aux nécessiteux tout ce qu’ils avaient, et St Robert les avaient si bien instruit dans cet exercice de charité que ne pensant point au lendemain ni à l’avenir, comme parle l’Évangile, ils ne se réservaient rien pour leurs propres nécessités, mais les donnaient à ceux qui leur demandaient quelque soulagement.

Dom Tiollier, Op. cit.

Les miracles

Loin de s’enfermer dans une solitude pieuse, Robert accueille les pauvres qui viennent à lui, les enseigne. Les miracles, exorcismes, guérisons, visions se multiplient et étendent sa renommée. De plus en plus de personnes viennent auprès de lui trouver conseil et réconfort.

Un jour, on lui amena une pauvre femme possédée du malin esprit afin qu’il la délivra de ce mauvais sort. Le diable commença à s’écrier : « Penses-tu, Robert de la Chaise Dieu, que nous souffrions que tu nous chasses d’ici ? St Robert touché au vif de la misère de cette pauvre femme si cruellement tourmentée du diable, après un peu d’oraison alla au-devant d’elle, la frappa doucement d’une verge qu’il tenait à la, main et s’adressa au malin esprit : « Je te commande au nom de Dieu, dit-il, de sortir du corps de cette femme et de la laisser en paix, sans jamais plus la tourmenter ». La pauvre créature autant épouvantée de ces paroles de feu comme d’un coup de tonnerre tomba à la renverse et le diable ne pouvant résister au commandement du Saint, la laissa libre et délivrée. Mais ce qui est admirable dans ce miracle, c’est que le diable vomissant sa rage contre le Saint l’appela « Robert de la Chaise-Dieu », d’où le Saint connu comme de l’Auteur de sa vie, que le lieu où il demeurait s’appelait ainsi.

Dom Tiollier, Op. cit.

Naissance de l’abbaye

Après dix ans d’une telle vie, voyant l’affluence des personnes désireuses de l’imiter dans sa vie avec le Christ, Robert entreprend de construire un monastère sur le conseil de son oncle Rencon, évêque d’Auvergne. Les premiers bienfaiteurs sont les Turlande, les Mercœur, le comte d’Auvergne et son épouse Philippa de Gévaudan, entre autres.

Quand il se lance dans cette nouvelle aventure, Robert a environ 50 ans. Dom Tiollier donne cette description de lui :

Au physique, c’était un petit homme maigre et grêle de formes, au visage pâle où brillaient des yeux d’un gris fauve, au regard pénétrant mais plein de douceur. Ses cheveux étaient roux…

Privilèges octroyés par le pape et le roi de France

Dès 1052, il obtient des privilèges de la part du pape Léon IX et du roi de France Henri Ier pour son abbaye qui devient une abbaye royale. Le Pape comme le roi et l’évêque d’Auvergne accordent en outre des droits sur des terres et des églises afin de pourvoir à la nourriture des moines.

Choix de la règle de St Benoît

Pour que la vie commune soit harmonieuse, il fallait donner une règle à la communauté. Allait-on choisir la règle des chanoines que Robert avait suivie ou une autre. Alors que les débats font rage, un homme frappe à la porte de la communauté et donne au frère qui vient lui ouvrir un livre en lui demandant de le porter immédiatement à Robert. Ce dernier en prend connaissance et découvre qu’il s’agit de la règle de saint Benoît. Le mystérieux visiteur ayant disparu, Robert en déduit que la volonté de Dieu est qu’ils suivent cette règle de saint Benoît.

Alors que Robert et ses disciples discutaient pour savoir sous quelle forme ils voulaient servir Dieu : la vie de chanoine ou la vie de moine, Celui-ci leur fit connaître par un miracle tout extraordinaire sa volonté. Alors ils étaient assemblés au chapitre pour délibérer sur cette affaire, un pèlerin d’un aspect vénérable parut à la porte du monastère et donna au frère portier un livre fermé lui disant de l’apporter immédiatement à St Robert et à ses compagnons assemblés au chapitre, d’autant qu’il leur était très nécessaire ; le portier obéit et le saint ayant pris ce livre et ouvert devant tous il trouva que c’était la règle de St Benoit, que Dieu leur envoyait afin qu’ils l’embrassent, ce qu’ils firent.
Après qu’ils eurent remercié sa divine Majesté avec des actions de grâce très solennelles, St Robert, qui jusqu’alors avait toujours vécu en chanoine voulant montrer 1’exemple, enleva ses habits de clerc et vêtit le froc d’un pauvre moine bénédictin, ce que les autres firent incontinent, se couvrant volontiers de ces saints habits 4.


Désormais les frères vivent au rythme des offices qui ponctuent la journée et alternent temps de prière, temps de travail, temps de repos.

Protection de la Vierge Marie

Plus tard, alors que Robert allait à Fournols pour célébrer l’Assomption il vit la Vierge Marie, la Sainte Mère de Dieu lui apparaître durant sa nuit de veille. Il s’entretint avec elle et elle lui remit son bâton d’abbé. Elle lui signifiait ainsi sa protection.

Tableau de la chapelle Saint-Robert devant le jubé © Photo Frère Jean d’Éphèse

Les fondations

Pendant environ quinze ans, jusqu’à sa mort, Robert va arpenter le Massif Central pour restaurer des églises et monastères et en fonder d’autres.

Il créa un système d’entraide entre tous ces monastères ou prieurés, les uns fournissant le blé quand d’autres produisaient l’huile ou le vin.

L’abbaye de La Chaise-Dieu devient très vite la deuxième abbaye après Cluny en Europe.

Pour découvrir quelques fondations, suivez le lien.

Sa mort

Au milieu de tant d’activité, Robert n’aspirait cependant qu’à une chose : retrouver son Seigneur et jouir de sa présence. Il eut connaissance par une grâce divine du jour de sa mort le vendredi avant les Rameaux. Il redoubla de ferveur et prépara ses frères.

Notre Saint soupirait continuellement après sa chère patrie, le ciel. Il ne vivait plus, que par l’espérance d’y être bientôt admis. Dieu lui envoya un ange le vendredi avant le dimanche des Rameaux pour lui apporter l’heureuse nouvelle de sa mort. Alors St Robert ne pensa plus qu’au ciel, et commença à redoubler ses ferveurs passant toute la Semaine sainte en hymnes et cantiques divins ; le Samedi Saint au soir, étant saisi d’une violente fièvre il fut porté dans son lit. Le lendemain, la maladie lui ayant donné quelque relâche, il célébra très dévotement la Sainte messe. Mais la maladie l’ayant repris plus fort qu’auparavant, on le remit dans sa couche où tirant des forces de sa faiblesse, il exhorta amoureusement ses enfants à la vertu : l’humilité, l’amour de la solitude, l’oraison continuelle, une austérité de vie sans exemple et surtout une charité admirable tant envers Dieu qu’envers son prochain sont les richesses qu’il laissa par testament à ses enfants. C’est cette vertu de charité qu’il recommanda à ses disciples en mourant.

Son testament

Vous savez mes chers enfants, qu’il n’y a point eu d’autre lien qui nous ait lié à vivre par ensemble que celui de la charité, c’est elle qui nous doit maintenir la paix et puisqu’elle est la reine des vertus, elle doit donner tout le lustre à celles que nous pratiquons. Je veux que vous l’exerciez non seulement entre vous mais encore envers tous les autres, soit pauvres, soit riches, connus et inconnus, et autres que vous devez regarder comme vos frères, je ne vous laisse autre chose pour testament que ce précepte d’amour et afin que vous l’ayez toujours devant les yeux. Sachez que j’ai dédié ce grand autel de notre église à Dieu sous la mémoire de la charité, à laquelle revient le premier rang dans ce monastère dans toutes ses dépendances. Je vous conjure avec des sentiments de père de laisser loin de vous toute ténacité et avarice et de départir avec cœur et affection aux pauvres toutes les commodités que vous pourrez posséder ; que si vous obéissez à mes commandements sachez que Dieu vous bénira et tout ce qui vous appartiendra, que si au contraire, cette charité se refroidit en vous et que vous en veniez à contrevenir à mes ordonnances et dernières volontés, Soyez pourtant assuré que vous serez accablés de viles inquiétudes et afflictions et servirez de but à toutes les calomnies des médisants.

Il mourut le 17 avril 1067 selon la Gallia Christiana, en 1068 selon Dom Tiollier et d’autres auteurs.

À sa mort, « le bilan5 ne laissait pas d’être impressionnant : une abbaye déjà célèbre, riche de vocations sinon de grands biens, sept importants prieurés parmi lesquels un vrai monastère, le Port-Dieu6, et six « celles »7 auxquelles s’ajoutait le monastère des religieuses de Comps8. Quant aux petits prieurés9, ils étaient déjà nombreux : 27 en Livradois, 5 dans le reste de l’Auvergne, 1 en Limousin, 1 en Agenais, 1 en Lyonnais et 1 en Vivarais ».

Sa tombe se trouvait au seuil de son église abbatiale. Aujourd’hui sa pierre tombale est au niveau du jubé.

Chapelle Saint-Robert © Photos Fr. Jean d’Éphèse

La gloire de saint Robert

L’affluence des pèlerins voulant lui rendre un dernier hommage fut telle qu’il fut inhumé le 24 avril seulement. C’est ce jour-là que l’Église le célèbre.

Le nombre des pèlerins fut tel que les moines demandèrent au saint de cesser de faire des miracles, comme le raconte Dom Tiollier :

Les miracles que St Robert faisait étaient si fréquents et en si grand nombre qu’il serait impossible de les pouvoir tous rapporter : cette grande charité du Saint à secourir les malades attirait une infinité de peuple à venir visiter son tombeau dont les religieux de ce monastère étaient si incommodés, à cause du bruit que ces malades faisaient continuellement, qu’ils ne pouvaient même pas s’entendre les uns et les autre dans le chœur, ni faire l’office dans l’église avec l’attention et dévotion convenable ; ils se résolurent de prier leur bon père St Robert de vouloir arrêter le cours de ses faveurs afin qu’ils eussent plus de moyen de bien, chanter les louanges de Dieu, ce qu’ils firent, étant tous prosternés à terre devant son tombeau…

St Robert exauça leurs prières, ne faisant plus tant de miracles à l’avenir, comme il avait fait auparavant de sorte que cette grande foule de monde qui avait accoutumé de venir visiter son sépulcre, cessa petit à petit et les religieux de la Chaise-Dieu eurent plus de commodités de vaquer à la contemplation et aux exercices de piété et de dévotion ainsi qu’ils avaient toujours désiré.

Il est canonisé dès 1070 par le pape Alexandre II. En 1095, le pape Urbain II venu prêcher la croisade à Clermont vient se recueillir sur sa tombe. Le comte Raymond de Toulouse vient lui confier la croisade à laquelle il va participer, évêques et seigneurs comme les gens du peuple viennent prier St Robert. Un prieur écrit même que la renommée de St Robert était aussi grande que celle de St Odilon, l’abbé de Cluny, mort en 104810 .

Le pape Clément VI fait translater les reliques de St Robert dans l’autel principal du chœur des moines lors de la construction de l’église actuelle.

Le pèlerinage sur la tombe de St Robert se poursuit jusqu’à la Révolution, date à laquelle les moines sont dispersés et l’abbaye fermée.


  1. Voir le travail de M. Marcellin BOUDET, « Saint-Robert de Turlande. Ses origines et sa famille d’après les cartulaires », Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne,‎ 1906, p. 47-72, 82-116. Il s’appuie principalement sur les cartulaires de Brioude, Sauxillanges, Conques et Saint-Flour.[]
  2. Voir Marcellin BOUDET, « Art. cit. »[]
  3. Ac 4, 32 ; cf. P.-R. GAUSSIN, Huit siècles d’histoire : l’abbaye de La Chaise-Dieu, 1043-1790, p.35[]
  4. Dom TIOLLIER, Op. cit., Livre I, chap. 10. []
  5. Voir P.-R. GAUSSIN.[]
  6. Dans la haute vallée de la Dordogne, fondé en 1060.[]
  7. Petits monastères de six moines.[]
  8. Lavaudieu[]
  9. Un prieuré doit être la résidence de deux moines au moins.[]
  10. Geoffroy, prieur de Vigeois, en Limousin, Chronicon Lemovicense cité par P.-R. GAUSSIN.[]
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