Présentation

Jusqu’au début du XVIIe siècle, on peut constater une relative homogénéité dans la musique liturgique à travers toute l’Europe. Le plain-chant grégorien accompagne la prière dans toutes les églises et pour tous les offices : messes, vêpres, complies, célébration des sacrements etc.

Avec l’arrivée du protestantisme, tout change. Les régions passées à la Réforme utilisent la langue du lieu et abandonnent le latin. La base des offices est alors constituée par le chant des psaumes ou des cantiques. L’orgue est sollicité pour accompagner et renforcer le chant des fidèles. Les instruments s’adaptent alors, avec des timbres plus conformes à la nouvelle mission de l’instrument : nombreux jeux dits « de fond » par exemple pour favoriser l’accompagnement.

Dans les pays restés au catholicisme, il en est tout autrement. Le concile de Trente qui se termine le 4 décembre 1563 initie la « Contre-Réforme ». La Liturgie est recodifiée, la place de la musique clairement définie avec la confirmation de la place du latin chanté en grégorien.

Les versets alternés deviennent alors le mode le plus courant. Le premier verset est joué à l’orgue pendant que le célébrant ou le chœur récitent le texte à voix basse. Le deuxième verset est chanté par le chœur sans accompagnement (a capella), le troisième verset joué par l’orgue en soliste etc., jusqu’à la fin. L’orgue classique français est donc un instrument soliste qui dialogue avec le chœur.

On assiste à partir du début du XVIIe siècle à l’affirmation de « l’orgue classique français ». C’est un instrument doté de nombreux jeux de détails, aux sonorités très variées pour répondre à la mission qui lui est confiée : paraphraser en musique les versets récités. Il faut pouvoir alterner des pièces douces et méditatives (récits, duos, trios, fond d’orgue) avec des envolées puissantes (plein-jeux, grands-jeux).

Les premières partitions du XVIIe siècle suivent assez bien ces recommandations. On peut souvent retrouver la ligne mélodique grégorienne (Titelouze, Nivers, par exemple).  Mais à partir du XVIIIe siècle les compositeurs s’affranchissent progressivement de cette contrainte. L’alternance persistera jusqu’au début du XIXe siècle mais les mélodies seront de plus en plus indépendantes des textes.

Outre ces versets alternés, l’orgue intervient pour la messe, pendant la procession d’entrée, à l’offertoire, (dans la liturgie du concile de Trente c’est un moment solennel illustré par une grande pièce, le plus souvent sur les grands jeux), après la consécration et en fin de l’office.

Majesté et délicatesse sont donc bien les caractéristiques de l’orgue classique français.

Petite notice sur les auteurs interprétés

Claude-Bénigne Balbastre (1724-1799).

Fils de l’organiste de la cathédrale de Dijon, il prend la suite de son père en 1743, s’installe à Paris en 1750 et devient organiste de Saint-Roch, puis la cathédrale Notre-Dame. Il a composé de nombreuses pièces pour orgue dont les 76 pièces du manuscrit de Versailles, des Noëls, des pièces pour clavecin, de la musique de chambre et de la musique vocale profane.

Joseph Bodin de Bois-Mortier (1652-1730)

Il est né en Lorraine où il compose ses premières pièces musicales. Il décide de se fixer à Paris en 1723. Flûtiste, une grande partie de son œuvre s’attache à cet instrument. Il composera également des motets et vers la fin de sa vie des opéras.

Gaspard Corette (1671-1732).

Sa vie est mal connue. En 1703, il publie un « Livre d’orgue formé d’une messe du 8e ton à l’usage des dames religieuses ». Il s’y qualifie d’organiste de Saint-Herbland de Rouen. Il exerce divers postes d’organiste dans cette ville. En 1720 il habite Paris, puis on perd sa trace. Né à Rouen en 1707, son fils Michel mènera une carrière parisienne beaucoup plus brillante.

François Couperin (1668-1733).

Organiste de Saint-Gervais à Paris et de la chapelle du château de Versailles. En 1694, il devient en outre maître de clavecin des enfants du roi. Il a composé de nombreuses pièces pour clavecin, de la musique de chambre et des œuvres vocales ainsi que deux messes pour orgue.

Jean François Dandrieu (1682-1738).

Toute sa carrière se déroulera à Paris. En 1704, titulaire de l’église Saint-Merry, il participe aussitôt à des expertises d’orgue et des jurys de nomination. En 1721, il est nommé organiste de la Chapelle Royale de Versailles. Son œuvre est entièrement instrumentale : six livres de pièces de clavecin, deux livres de sonates pour violons, un divertissement symphonique, un livre d’orgue et un livre de Noëls, posthumes.

Nicolas de Grigny (1672-1703).

Organiste de l’abbatiale de Saint-Denis puis à la cathédrale de Reims, il n’a laissé qu’un seul livre d’orgue de très grande qualité et comportant une messe et divers versets liturgiques sur des hymnes.

Jean-Adam Guilain (1680-1739).

D’origine allemande, il s’installe en France vers 1702 et francise son nom de Freinsberg en Guilain. Il reste de lui un livre d’orgue et des pièces de clavecin. Il était très lié à Louis Marchand dont il était sans doute l’élève.

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

Il nait à Dijon. Son père était organiste de l’église Saint-Étienne. En 1702, il devient organiste de la cathédrale de Clermont-Ferrand. En 1706, il est à Paris. Bien qu’organiste, il n’a laissé aucune composition pour cet instrument. Virtuose, théoricien de la musique il est surtout connu pour ses opéras.

François Roberday (1624-1680)

Il est issu d’une famille d’orfèvres liée au milieu musical. Il joue de l’orgue dans les églises parisiennes Notre-Dame-des-Victoires et des Petits- Pères. Son œuvre d’orgue, imprimée en 1660 se limite à douze « Fugues et Caprices ».

Entrée

Prix d’entrée pour les concerts : 15 € – jeunes 7 €
Billets à l’entrée des concerts ou à l’office du tourisme

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