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  • Esprit des lieux : Ombres et lumières - Du 1er juillet 20:30 au 30 septembre 00:00 Centre Pastoral Saint-Robert, La Chaise-Dieu
    Vernissage de l’exposition Ombres et lumière au Centre pastoral Saint-Robert (ex-Casa Dei), place de l’Abbaye. Photos de frère Jean d’Éphèse, c.s.j.
    Cette exposition sera visible tout l’été(replier)

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  • Nuit des églises - Samedi 1er juillet 21:30-22:30 Abbatiale Saint-Robert, La Chaise-Dieu
    21 h 30 de la découverte de « L’abbatiale en habits de lumière » : Illumination progressive de l’abbatiale rythmée par un dialogue entre l’orgue et la Parole de Dieu puis veillée de prière.
    Renseignements au 04 71 00 05 55 (Prieuré)(replier)

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Les Pères de l’Eglise commentent le baptême du Christ

Dans Les Sacrements et les mystères, saint Ambroise explique au nouveaux baptisés le baptême qu’ils ont reçu à Pâques et met en parallèle Naaman, le baptême du Christ par Jean Baptiste et le passage de la mer Rouge par les Hébreux :

Livre I

J’aborde l’explication des sacrements que vous avez reçus. Il n’aurait pas convenu de la donner plus tôt, car chez le chrétien la foi vient en premier lieu. Aussi donne-t-on, à Rome, le nom de fidèles à ceux qui ont été baptisés, et notre père Abraham a été justifié par la foi, non par les œuvres. Vous avez reçu le baptême, vous avez la foi. Il m’est interdit d’en juger autrement, car tu n’aurais pas été appelé à la grâce, si le Christ ne t’avais jugé digne de sa grâce. […]

Tu t’es ensuite approché, tu as vu la fontaine, tu as vu aussi le prêtre près de la fontaine. Je ne puis pas non plus douter que la même pensée ne vous soit venue qu’à ce Naaman le Syrien. Car, bien qu’il ait été purifié, il douta cependant tout d’abord. Pourquoi ? Je vais le dire, écoute.

Tu es entré, tu as vu de l’eau, tu as vu le prêtre, tu as vu le lévite [1]. Je crains que quelqu’un n’ait dit peut-être : « C’est tout ? » Bien sûr c’est tout, c’est vraiment tout, là où est toute innocence, toute piété, toute grâce, toute sainteté. Tu as vu ce que tu as pu voir des yeux du corps et avec des regards humains ; tu as vu non ce que cela produit, mais ce qui se voit. Ce qu’on ne voit pas est bien plus grand que ce qu’on voit, parce que ce qu’on voit est temporel, ce qu’on ne voit pas éternel.

Disons tout d’abord : « Garde la garantie de ma parole et réclames-en l’exécution. » Nous admirons les mystères des Juifs qui ont été donnés à nos pères. Ils sont excellents tout d’abord par l’ancienneté de leurs sacrements, puis par leur sainteté. Voici ma promesse : les sacrements des chrétiens sont plus divins et plus anciens que ceux des Juifs.

Quoi de plus extraordinaire que le passage des Juifs à travers la mer, pour parler à présent du baptême ? Pourtant les Juifs qui l’ont traversée sont tous morts au désert. Par contre, celui qui passe par cette fontaine-ci [2], c’est-à-dire des choses terrestres aux choses célestes, — car c’est là un passage et donc la Pâque, c’est son passage, celui du péché à la vie, de la faute à la grâce, de la souillure à la sainteté, — celui qui passe par cette fontaine ne meurt pas, mais ressuscite.

Naaman était donc lépreux. Une esclave dit à sa femme : « Que mon maître, s’il veut être purifié, aille au pays d’Israël et il y trouvera celui qui pourra le débarrasser de sa lèpre. » Elle dit cela à sa maîtresse, cette femme le dit à son mari, Naaman le dit au roi de Syrie. Naaman se lave dans le Jourdain. Détail.Celui-ci, parce qu’il l’avait en grande faveur, l’envoya au roi d’Israël. Le roi d’Israël apprit qu’on lui avait envoyé quelqu’un qu’il aurait à débarrasser de la lèpre, et il déchira ses vêtements. Alors le prophète Élisée lui fait dire : « Qu’y a-t-il que tu as déchiré tes vêtements, comme s’il n’y avait pas de Dieu capable de purifier un lépreux. Envoie-le moi. » Il le lui envoya. À son arrivée, le prophète lui dit : « Va, descends dans le Jourdain, baigne-toi et tu seras guéri. » Il se mit à réfléchir et à se dire : « C’est tout ? Je suis venu de Syrie en Judée et on me dit : Va au Jourdain, baigne-toi et tu seras guéri. Comme s’il n’y avait pas des fleuves meilleurs dans mon pays ! » Ses serviteurs lui dirent donc : « Maître, pourquoi ne fais-tu pas ce que dit le prophète ? Fais-le plutôt et essaie. » Alors il se rendit au Jourdain, se baigna et en sortit guéri.

Qu’est-ce que cela signifie donc ? Tu as vu de l’eau. Cependant toute eau ne guérit pas, mais l’eau qui a la grâce du Christ guérit. Il y a une différence entre l’élément et la sanctification, entre l’acte et l’efficacité. L’acte s’accomplit avec de l’eau, mais l’efficacité vient de l’Esprit-Saint. L’eau ne guérit pas si l’Esprit n’est descendu et n’a consacré cette eau.

Tu l’as lu : quand Notre-Seigneur Jésus-Christ a institué le rite du baptême, il vint à Jean, et Jean lui dit : « C’est moi qui dois être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Le Christ lui répondit : « Laisse seulement, car c’est ainsi qu’il convient d’accomplir toute la justice. » Vois que toute la justice est placée dans le baptême. Pourquoi donc le Christ est-il descendu, sinon pour que la chair fût purifiée, cette chair qu’il a prise de notre condition ? Le Christ n’avait pas besoin qu’on le purifiât de ses péchés, lui qui n’a pas commis de péché, mais nous en avions besoin, nous qui restons sujets au péché. Si c’est donc pour nous qu’a été institué le rite du baptême, c’est à notre foi que ce rite a été proposé.

Détail du baptême du ChristLe Christ descendit, Jean était là qui baptisait. Et voilà que l’Esprit-Saint descendit comme une colombe. Ce n’est pas une colombe qui descendit, mais comme une colombe. Souviens-toi de ce que j’ai dit : le Christ a pris une chair, non pas comme une chair, mais la réalité de cette chair, le Christ a vraiment pris chair, tandis que l’Esprit-Saint descendit du ciel sous l’apparence d’une colombe ; non pas dans la réalité d’une colombe, mais sous l’apparence d’une colombe. Jean vit donc et il crut.

Le Christ descendit, l’Esprit-Saint descendit aussi. Pourquoi le Christ est-il descendu le premier et ensuite l’Esprit-Saint, alors que le rite habituel du baptême comporte que la fontaine soit d’abord consacrée, puis que celui qui doit être baptisé y descende ? [3] Car, dès que le prêtre entre, il fait aussitôt l’exorcisme sur la créature qu’est l’eau, puis il fait l’invocation et la prière pour que la fontaine soit sanctifiée et qu’il y ait là la présence de la Trinité éternelle, tandis que le Christ est descendu d’abord, que l’Esprit-Saint l’a suivi. Pour quelle raison ? Pour que le Seigneur Jésus n’eût pas l’air, pour ainsi dire, d’avoir besoin du mystère de la sanctification, mais pour qu’il sanctifiât lui-même et que l’Esprit sanctifiât aussi.

Ainsi donc le Christ descendit dans l’eau et l’Esprit-Saint descendit comme une colombe. Dieu le Père, à son tour, parla du ciel. Tu as la présence de la Trinité.

Qu’il y ait eu dans la mer Rouge une figure de ce baptême, l’apôtre le dit en ces termes : « Nos pères ont tous été baptisés dans la nuée et dans la mer. » Et il ajouta : « Tout cela s’est fait pour eux en figure. » Pour eux en figure, mais pour nous en vérité. Alors Moïse tenait son bâton, le peuple juif était coupé de toute part : l’Égyptien en armes le pressait d’un côté et de l’autre les Hébreux étaient arrêtés par la mer. Ils ne pouvaient ni passer la mer, ni retourner en arrière pour attaquer l’ennemi. Ils se mirent à murmurer.

Prends garde de te laisser séduire par le fait qu’ils furent exaucés. Bien que le Seigneur les ait exaucés, ils ne sont pourtant pas exempts de faute, eux qui ont murmuré. Quand tu es dans l’angoisse, tu as à croire que tu en sortiras, non pas à murmurer ; à demander, à prier, non à faire entendre des plaintes.

Moïse tenait son bâton et conduisait le peuple des Hébreux, la nuit dans une colonne de lumière, le jour dans une colonne de nuée. La lumière, qu’est-elle d’autre que la vérité, car celle-ci répand une lumière visible et claire. La colonne de lumière, qu’est-elle d’autre que le Christ Seigneur qui a chassé les ténèbres de l’incroyance et a répandu dans le cœur des hommes la lumière de la vérité et de la grâce spirituelle ? Mais la colonne de nuée, c’est l’Esprit-Saint. Le peuple était dans la mer et la colonne de lumière le précédait, puis venait la colonne de nuée comme l’image de l’Esprit-Saint. Tu vois donc qu’on nous a montré dans l’Esprit-Saint et dans l’eau le type du baptême.

Livre II

Nous avons dit qu’il y avait eu une figure anticipée dans le Jourdain, quand ce Naaman le lépreux fut purifié. Cette jeune servante d’entre les captifs, qui est-elle, sinon celle qui avait les traits de l’Église et représentait sa figure ? Il était captif, en effet, le peuple des païens. Il était captif. Je ne parle pas de cette captivité imposée à un peuple par un ennemi quelconque ; mais je parle de cette captivité qui est plus grande, quand le diable, avec les siens, impose une cruelle domination et soumet à son joug les pécheurs. […]

Maintenant donc regardons : le prêtre vient, il dit une prière près de la fontaine, il invoque le nom du Père, la présence du Fils et de l’Esprit-Saint, il se sert de paroles célestes. Ces paroles divines, ce sont celles du Christ disant que nous baptisions au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Si à la parole d’un homme, à l’invocation d’un saint la Trinité se trouvait présente, combien plus n’est-elle pas présente là où agit la parole éternelle ? Vous voulez être sûrs que l’Esprit-Saint est descendu ? Tu as entendu dire qu’il est descendu comme une colombe. Pourquoi comme une colombe ? Pour que les incroyants soient appelés à la foi. Au début il a fallu qu’il y ait un signe ; dans la suite il faut qu’il y ait perfection.

Notes

[1] C’est-à-dire le diacre

[2] le baptistère

[3] A l’époque de saint Ambroise, le baptême était un baptême par immersion : le néophyte descendait dans le baptistère qui était une piscine.