Les Pères commentent ces épisodes

A propos de l’ivresse de Noé et de la moquerie de son fils

St Augustin, Contre Fauste, Livre XII, ch. 23

Noé, figure du Christ ; Cham, du peuple juif.

Noé, enivré du jus de la vigne qu’il a plantée, est à découvert dans sa tente (Gn 8, 18).Qui ne reconnaît là le Christ souffrant au milieu de son peuple ? En effet, sa chair mortelle fut alors dépouillée, scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils, mais, pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Gentils, comme Sem et Japhet, vertu de Dieu et sagesse de Dieu : car ce qui est faiblesse en Dieu est plus fort que les hommes (1Co 1, 23-25). Ainsi, dans ces deux enfants, le plus vieux et le plus jeune, sont figurés deux peuples, qui portent un vêtement en marchant en arrière, à savoir le sacrement de la Passion du Seigneur déjà passée et accomplie, et ils ne voient point la nudité de leur père, parce qu’ils n’ont point consenti à sa mort, et cependant, ils le couvrent d’un voile par respect, parce qu’ils savent d’où ils sont nés. Mais le fils qui est entre les deux, c’est-à-dire le peuple juif (qui est entre les deux parce que, d’une part, il n’a point maintenu la primauté des Apôtres, et que de l’autre, il n’a point été le dernier à croire parmi les peuples), a vu la nudité de son père, puisqu’il a consenti à la mort du Christ ; il en a porté au dehors la nouvelle à ses frères : car c’est par lui qu’a été révélé et en quelque sorte publié, le secret contenu dans les prophéties, et c’est pourquoi il est devenu l’esclave de ses frères. En effet, qu’est-ce que ce peuple, même aujourd’hui, sinon le garde des archives des chrétiens, le porte-faix de la loi et des Prophètes en témoignage de la prédication de l’Église, afin que nous honorions par le sacrement ce qu’il proclame par la lettre ?