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La Chaise-Dieu, Notre-Dame de Bon Rencontre

Petite chapelle à l’angle de la départementale et du quartier Benaud, Notre-Dame de Bon Rencontre veille sur les voyageurs. Elle a été meublée avec le mobilier de l’ancienne église paroissiale détruite à la Révolution.

Un peu d’histoire locale : Vierge de Bon Rencontre

Voici ce qu’écrit l’Abbé F. SERVANT, dans le Bulletin religieux du canton de mai 1941.

"Sur la route N° 106, à hauteur de Benaud, à 150 m. environ de l’abbaye St-Robert, une petite chapelle et à l’intérieur de cette chapelle, sur le maître-autel, une Vierge assise tenant sur ses genoux l’Enfant-Jésus.

Il y a une dizaine d’années [1], un groupe d’archéologues, de passage à la Chaise-Dieu, furent (sic) unanimes à reconnaître que la statue représentant N.-D. du Bon-Secours, appelée à tort N.-D. de Bon Rencontre, par ses lignes modernes n’avait rien des vierges romanes de nos montagnes et conclurent qu’elle avait été substituée à une Vierge plus ancienne.

Il est bien établi que sur l’emplacement de la chapelle, avant la Révolution, était érigée depuis 1599 une croix avec piédestal en forme de niche. Elle est aujourd’hui au milieu du cimetière sur les tombes de Dom Rabaste et de Dom Vacheron. J’ai vérifié moi-même la date d’érection de la Croix à la naissance de la colonne verticale ; elle est taillée dans la pierre et est assez reconnaissante malgré les morsures du temps.

Choeur de la chapelle avec la statue de la ViergeDans la niche, se trouvait une statue de la Vierge assise, tenant l’Enfant-Jésus sur ses genoux. Lors des saturnales révolutionnaires, à la suite des autodafés de la Place du jardin des Fleurs (place de la salle de l’Écho) au cours-desquelles furent brûlés des reliquaires, des ornements, des parchemins et une antique statue de la Vierge très vénérée de l’abbaye, les Sans-Culottes se dirigèrent vers la croix de Benaud, mais la statue sise dans la niche n’y était plus. Un ancien marin, très dévot à la Ste Vierge, nommé Gros, l’avait emportée nuitamment dans un sachet après un grand détour, la cacha chez lui, rue Marchediale. Comme il était boulanger, il dissimula la statue dans un pétrin et la recouvrit de farine et de sacs. Quelques jours après, il l’enterra dans sa cave. Ainsi cachée, la statue échappa aux perquisitions des révolutionnaires, venus de Craponne et d’Allègre sous la conduite d’un nommé Charles d’Allègre, les mêmes qui brisèrent les cloches de l’abbaye.

Par un hasard miraculeux, la croix de Benaud fut laissée en place, sauf le croisillon qui disparut. Après la tourmente, dès les premiers jours de 1801, sous la direction de l’abbé Romeuf et de Dom Pause, qui étaient cachés rue Boutte-Bœuf, la statue de Benaud invoquée sous le vocable de N.-D. du Bon-Secours, reprit place dans la niche. La population casadéenne, désolée de la destruction de l’Église de N.-D. de l’Air, (emplacement voisin de l’Hôtel Terminus), décida d’ériger une chapelle à la Vierge. L’initiative fut prise par une humble religieuse, connue sous le nom de la « petite sœur » dirigée par Dom Rabaste et Dom Vacheron.

La « petite Sœur » mourut en odeur de sainteté. La municipalité ayant refusé de la laisser ensevelir dans la chapelle, un brave homme alla détérer (sic) son corps nuitamment au cimetière et le transféra dans la dite chapelle.

Lors de la construction de cet oratoire, la croix de Benaud fut transportée au cimetière. Mais la statue de N.-D. de Bon-Secours fut conservée dans la chapelle.

Et donc, une question se pose : depuis 1801, y a-t-il eu vraiment substitution de Vierge ! Oui, disent les archéologues qui se refusent à considérer comme authentique et ancienne la Vierge actuelle. Malheureusement aucun témoignage oral ou écrit ne m’a permis de vérifier l’hypothèse vraisemblable des archéologues.

Qui me donnera des documents précis susceptibles de faire toute la lumière ?"

Côté ouest Côté est

Chevet de la chapelle. On aperçoit les tours de l'abbatiale au fond à droite

Notes

[1] Soit dans les années trente