L’architecture intérieure

par Les Amis de l’Abbatiale.

L’architecture dite gothique languedocienne est décrite par Alain Erlande-Brandenburg [1] Afin de créer un volume unique en englobant les collatéraux dans un vaisseau central, leur largeur a été réduite, leur clés de voûte sont à la même hauteur et donc leurs arcades ont été hissées à la hauteur de celles de la voûte centrale, réduisant d’autant les dimensions des supports.

Ce vaisseau unique est très frappant à l’abside : il permet une dilatation du volume intérieur ; la voûte à six branches d’ogive couvre des chapelles rayonnantes, dont les baies vitrées, très hautes, permettent à la lumière de pénétrer.

L’absence de chapiteaux, les nervures des voûtes venant se fondre progressivement dans les colonnes, allège la structure pourtant massive : l’élévation sous les clés de voûte n’est que de 18 m ; la largeur de la nef est, elle, de 13 m.

Le jubé divise l’église en deux : le chœur des moines d’un côté auquel ils accédaient par la porte du cloître et la nef proprement dite de l’autre où les pèlerins venaient vénérer le tombeau de saint Robert et où ils accédaient par le grand escalier. L’église n’a pas été conçue comme une église paroissiale.

La nef et le jubé

Le jubé actuel a été remanié au XVIIe pour permettre à l’orgue d’être mieux entendu du chœur. On peut voir les armes du cardinal Serroni sur la porte.

Vierge Marie Saint Jean Un crucifix, daté de 1603, œuvre d’un moine de La Chaise-Dieu le surplombe encadré par des statues du XVe représentant la Vierge et l’apôtre saint Jean. Crucifix dominant le jubé

Devant le jubé, sur la droite, la pierre tombale d’origine, de saint Robert, est simplement marquée d’une croix.

L’orgue monumental est présenté par ailleurs. Instrument dit français du XVIIe, il est très recherché par les mélomanes. L’association Marin Carouge organise des journées de l’orgue.

Le chœur

Si l’église frappe par son austérité, les stalles, les tapisseries et les autels classiques donnent une atmosphère chaleureuse au chœur. Les tapisseries sont présentées par ailleurs.

Les stalles, voulues par le pape Clément VI, n’ont été installées qu’au début du XVe siècle. Elles sont en chêne, au nombre de 144. Si l’effet de répétition est intéressant, en revanche, les sculptures restent relativement simples, à l’exception des extrémités et, près du jubé, des stalles de l’abbé et de son prieur de part et d’autre de la porte. la vertu de miséricordeSeuls les culs de lampe montrent une diversité, non dénuée de poésie ou même d’humour [2]. Cul-de-lampe

Le tombeau de Clément VI au milieu du chœur des moines Au centre, le tombeau du pape Clément VI : le mausolée de marbre noir a été refait au XVIIe par les mauristes qui avaient entrepris de restaurer une église lourdement profanée par les huguenots. Le gisant de marbre blanc est d’origine. Le mausolée était entouré de statuettes de marbre blanc, représentant la famille du pape ; il n’en reste que des fragments, soit dans la salle du Trésor, soit au musée Crozatier au Puy.

Maître-autelLes autels, que ce soit le maître-autel ou ceux des chapelles rayonnantes, datent du XVIIe et ont été construits par les mauristes. Le maître-autel dissimule l’autel primitif, immense table de pierre, que l’on peut découvrir en ouvrant un placard derrière l’autel. Il avait grande allure dans sa simplicité même. Le grand crucifix et les immenses candélabres en bronze sont datés de 1740.

Retable de la PentecôteDeux retables des chapelles rayonnantes sont dignes d’intérêt : l’un, dans la chapelle attenante à la tour Clémentine, montre un chevalier présenté aux mauristes par des personnages de Cour (une identification plus précise s’est avérée impossible) ; l’autre, dans la chapelle à l’entrée en venant du cloître, représente une Pentecôte. Il fait partie d’un beau retable d’époque Louis XIII qui décorait la chapelle du Collège située sur la place de l’Écho ; il a été installé ici en 1791 lorsque la Chapelle fut vendue comme un bien national. L’ensemble des retables des chapelles rayonnantes nécessite des travaux de restauration urgents.

Les nefs latérales

EnfeuLa nef latérale sud, par laquelle on entre en venant du cloître abrite un superbe tombeau dont l’enfeu est décoré d’anges musiciens. C’est à tort qu’il est dit qu’il fut la sépulture de Renaud de Montclar, qui fut le premier abbé nommé par Clément VI et chargé de la surveillance des travaux : il est mort bien avant l’achèvement des dits travaux. Il s’agit plus probablement de la tombe d’un évêque de la famille de Clément VI, dont le gisant est peut-être celui que l’on a retrouvé récemment. Ces difficultés d’attribution témoignent des désordres laissés par les huguenots.

La nef latérale nord contient la peinture dite « danse macabre »présentée par ailleurs.

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Notes

[1] Alain Erlande-Brandenburg, La Chaise-Dieu, Éditions Ouest-France, Rennes, 1995.

[2] Voir Patrik Landreau, Aux pieds des stalles, Éditions Pignol, Le Puy, 2008.