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Dom Victor Tiolier, une écriture mauriste de l’histoire de la Chaise-Dieu (A. Dubreucq et B. Sanial)

par M. Alain Dubreucq et M. Bernard Sanial

A l’occasion de la publication de l’ouvrage de Dom Victor Tiolier, Alain DUBREUCQ, professeur à l’université de Lyon III, a présenté l’ouvrage de Dom Tiolier tandis que Bernard SANIAL, chercheur au CERCOR, a dressé le tableau de l’abbaye décrite par l’auteur.
l’ouvrage de Dom Tiolier devrait paraître en septembre 2012 [1].

Les conférenciers n’ont pas souhaité que leur intervention soit publiée en ligne et nous en sommes désolés. Nous ne pouvons vous donner que quelques notes prises par un des auditeurs.

L’Histoire générale de la Congrégation de Saint-Robert de La Chaise-Dieu en Auvergne sous la règle de saint Benoît jusqu’en l’année 1652

Le travail porte sur le manuscrit de l’ouvrage de Dom Tiolier qui n’a jamais été publié. Il existait une transcription partielle de ce manuscrit mais elle n’est pas fiable et a été délaissée par les intervenants.

Ce manuscrit est une source extrêmement importante pour notre connaissance de l’abbaye dans son fonctionnement général, de son histoire et de l’histoire moderne. On voit dans cet ouvrage les intentions de l’auteur et son contexte réformateur.

Qui était Dom Victor Tiolier ?

On connait peu de choses de l’auteur. On sait qu’il est né à Montferrand en 1624 (diocèse de Clermont), qu’il a fait profession au monastère Notre-Dame de la Charité (dépendance de Cluny) le 2 octobre 1643. On ne sait pas dans quelles conditions il passa à La Chaise-Dieu. La date et le lieu de sa mort sont également inconnus. Il est peut-être mort vers 1652 s’il a écrit le manuscrit. Il serait donc mort très jeune, à moins de trente ans.

Il a écrit un Abrégé de la chronique de l’ordre de saint Benoît en 1651 et L’Histoire générale de la Congrégation de Saint-Robert de La Chaise-Dieu en Auvergne. Ces deux livres sont écrits à peu près en même temps. Ils supposent une érudition et un temps considérable.

L’Histoire de La Chaise-Dieu est dédiée en 1652 à Alphonse Louis du Plessis de Richelieu, frère du cardinal.

Cette histoire est découpée en six livres :

- Le premier livre => la vie et les miracles de saint Robert
- Le deuxième livre => La fondation, les succès l’observance, les privilèges du monastère de La Chaise-Dieu en Auvergne.
- Troisième livre => catalogue des abbés réguliers
- Le quatrième livre =>liste des abbés commendataires et leur vie de 1518 à 1652.
- Le livre cinq intitulé => L’Histoire de toutes les abbayes qui lui ont été unies
- Le sixième et dernier livre => catalogue de tous les prieurés conventuels

En réalité, le récit en lui-même s’arrête au folio 148v (verso) avec le titre du livre cinq. Le folio 149 est vierge, mais on trouve du folio 150 recto jusqu’au folio 159 verso, un premier appendice contenant les bulles de divers papes. Et les f° 160 recto à 160 verso sont vierges puis l’on trouve au folio 164 un second appendice qui finit au folio 178 verso avec le testament du pape Grégoire XI, grand bienfaiteur de La Chaise-Dieu.

Le cinquième livre a été à peine commencé.

Dom Tiolier fait plusieurs prologues.
- une invocation à saint Robert.
- une lettre à son protecteur, le frère du cardinal,
- un prologue au lecteur Dom Victor Tiolier précise que son travail a été terminé.

On peut penser que le travail a été terminé puis amputé à un moment où à un autre des deux dernières parties.

On constate la propreté du manuscrit. Il est écrit d’une petite écriture fine et serrée, avec peu d’abréviations et de corrections.

Les parties amputées correspondent aux abbayes et prieurés dépendants de La Chaise-Dieu, or, à l’époque moderne La Chaise-Dieu est une abbaye parmi d’autres au sein de la Congrégation.

Le travail de Dom Tiolier est composé en français ; il comporte des citations de bulles en latin (39 textes latins dont certains ne sont connus que par ce manuscrit).

Quelles sont les sources de Dom Tiolier et les « bons auteurs » dont il parle ?

Dom Victor Tiolier est un érudit. Il se réfugie toujours derrière des autorités. Il a utilisé des manuscrits très anciens qu’il a trouvés dans le fonds de la bibliothèque et « des bons auteurs ». Il cite ses sources (f°52v).

Certaines de ses sources sont perdues ou nous sont inconnues, comme le Domino que Dom Tiolier ne cite qu’une seule fois et qui est perdu.

Dom Tiolier donne l’essentiel de ses sources : les Annales de Baronius par exemple, Surius sur les vies des saints, les Annales du Puy… Il mentionne Dom François Gardon, religieux de La Chaise-Dieu qui a translaté la vie de saint Robert du latin au français : on ne sait rien de cette vie de saint Robert par Dom Gardon. Si l’Épitaphe de saint Robert est citée dans le Liber tripartitus, on n’a aucune trace de l’Histoire de La Chaise-Dieu par Dom Gardon. On peut imaginer que ce travail n’avait pas bonne presse à une époque où on réformait l’abbaye. On peut remarquer que Dom Gardon et Dom Tiolier n’ont pas le même choix dans le traitement des informations, ni les mêmes informations.

Dom Tiolier insiste sur

- l’exemption qui donnait des privilèges énormes
- la rapprochement avec Rome
- l’idéal érémitique des origines. Il fait comme si cela existait toujours.
- la vocation d’assurer l’assistance aux pauvres et aux voyageurs. Il insiste sur la continuité de cette pratique à son époque.
- la dévotion à la Vierge qui est centrale dans la vie du fondateur. Dans le Liber tripartitus, la Vierge vient chercher saint Robert à sa mort.

Les bulles

Innocent IV
- Innocent IV, en 1250 à l’occasion du concile de Lyon en France, défend à toute autre personne de s’ingérer dans le prieuré et dépendances de cette illustre maison. La bulle est datée du 8 avril 1251. Elle interdit de transférer les bénéfices de La Chaise-Dieu à d’autres. L’intermédiaire est l’évêque Guy de Marbode.

-  Clément IVClément IV [2] renouvelle privilèges que les papes précédents avaient conférés à La Chaise-Dieu. La bulle a été donnée à Pérouse le 2 juillet 1265. Elle rappelle que l’abbé de La Chaise-Dieu peut porter la mitre, la dalmatique et les chaussures blanches, ce qui lui donne encore un pouvoir supérieur. Clément IV par ailleurs n’était pas un inconnu pour La Chaise-Dieu : il fut évêque du Puy. C’est aussi un conseiller de saint Louis. C’est le plus intransigeant des pontifes ; il développe une doctrine de la théocratie, de la supériorité du spirituel sur le temporel.

Boniface VIII
- Boniface VIII, en 1303, confirme et renouvelle l’exemption de l’Ordinaire. Il voulait élever le spirituel au-dessus de la puissance temporelle. Cette bulle est particulièrement importante parce que c’est le texte de la réforme de l’abbaye avec, entre autres, l’interdiction du népotisme dans l’attribution des dignités et bénéfices à La Chaise-Dieu.

Importance historique des textes transmis par Dom Tiolier dont certains ne nous sont connus que par lui.

Description du monastère de La Chaise-Dieu et de la ville qui en dépend

Au livre II, Dom Tiolier donne une longue description du monastère de La Chaise-Dieu et de la ville qui en dépend. Il précise que le monastère relève du diocèse de Clermont et rappelle les différentes campagnes de construction.

Détail du plan de l'église abbatiale

L’église abbatiale

Au chapitre XIV, f°64 il donne la description de la grande église et de la chapelle Saint-Robert (violet) et nous apprend que :

- les cloches datent de 1640 pour la première et de l’abbatiat de François de Tournon pour la seconde
- le chœur des moines a 146 « chaises ». Actuellement il y 144 stalles, y avait-il deux stalles supplémentaires ?
- le parquet est une marqueterie
- le nom des différents abbés et dignitaires enterrés dans le chœur dont celui de l’abbé Réginald de Montclard, le tombeau aux anges musiciens n’est donc pas son tombeau.
- les tapisseries ont coûté 10 000 écus et ont été commandées par l’abbé Jacques de Saint-Nectaire et le couvent
- le sanctuaire est fermé par une balustrade et son sol est en marbre
- le maître-autel a été déplacé vers l’ouest

Les autres chapelles

En plus de l’abbatiale, il existe trois autres chapelles dans l’enceinte du monastère

- La chapelle du Collège « Notre-Dame des Anges » (jaune), construite par Jean de Chandorat. Treize religieux y chantaient l’office de la Vierge. Ce collège de treize moines a été fondé par la pape Grégoire XI et donne son nom à la chapelle, chapelle du Collège, qui a 36 m de long et 8 m. de large en 1652.

- la chapelle Saint-Benoît, contiguë à la précédente, où se déroulaient les professions des moines.

- la chapelle de l’infirmerie, construite sous l’abbé Jacques de Saint-Nectaire rappelle celle de Chanteuges (bleu clair, n° 5)

Les bâtiments réguliers

Localisation des lieux cités sur le plan établi par les mauristes à leur arrivée

- le cloître était alors intact, ainsi que son lavabo qui est décrit précisément
- le dortoir auquel on accède par un escalier de pierre de taille. Cet escalier monumental existe donc en 1652 alors qu’il n’apparaît pas sur le plan. Compte 23 cellules
- la bibliothèque bâtie sur les voûtes du cloître
- la salle capitulaire(en orange), en 1641 ses voûtes s’effondrèrent au moment des constructions des cellules au-dessus. Elles furent remplacées par un plancher. Il ne reste plus rien aujourd’hui de cette salle.
- le réfectoire, de la longueur du cloître, est voûté. Une travée en haut est pour « se laver les mains », ce qui pose la question du l’usage du grand lavabo précédemment décrit qui devait alors être affecté au rôle de fontaine, également pourvoyeur d’eau pour les cuisines toutes proches, et une travée en bas sert de cuisine (sur le plan « chambre des valets » avec au sud les deux fours, (en vert)).
- à l’est du monastère, sont installés les « Anciens », c’est-à-dire les moines robertiens, donc de l’ancienne observance(voir le « logis de M. Gardon ») (en rose)
- la maison de l’abbé et le logis abbatial (bleu foncé)
- la maison de l’Aumônier
- l’infirmerie (bleu clair)
- les communs : écuries, granges, greniers, etc… au nord et à l’est de l’abbatiale. (marron)

Notes

[1] Publication qui semble avoir été reportée et dont nous ne connaissons pas la date.

[2] Guy Foulques, ancien bourgeois de Saint-Gilles, avocat, juriste, qui avait été marié, qui avait eu une descendance nombreuse, avant d’entrer dans les ordres et d’entamer une carrière au service de l’Église

1 Message

  • Bonjour, Juste pour information : J’ai eu l’avantage et le plaisir de présenter mon mémoire de Master consacré aux origines de la Chaise-Dieu en juillet dernier à M. Dubreucq qui a validé mon travail. En attendant de poursuivre mon étude fondée en première partie sur la traduction des deux monographies les plus importantes, celle de Marbode et le Liber Tripartitus, je continue mes recherches de sources… Merci de votre commentaire sur l’ouvrage de Dom Victor Tiolier, en attendant patiemment la publication de ce travail annoncé, bien cordialement, Joëlle Chalancon